Mardi 20 octobre 2009Eternal sunshine of the spotless mind

Michel Gondry

Genre : drame – science-fiction
Durée : 103 min
Sortie : 2004


Distribution

Jim Carrey, Kate Winslet, Elijah Wood, Thomas Jay Ryan, Mark Ruffalo, Jane Adams, David Cross, Kirsten Dunst, Tom Wilkinson, Ellen Pompeo


Résumé

Joël est effondré de découvrir que sa petite amie Clémentine a fait effacer tous ses souvenirs de leur relation tumultueuse. Anéanti, il prend contact avec l’inventeur de la procédure, le Dr Howard Mierzwiak, pour qu’il extirpe de sa mémoire tout ce qui se rattachait à Clémentine. Pourtant, à mesure que les souvenirs de Clémentine s’étiolent chez Joël, celui-ci commence à redécouvrir son amour pour elle. Il essaie de toutes ses forces de lutter contre la procédure, du plus profond des recoins de son cerveau. Alors que le Dr Mierzwiak et son équipe le pourchassent dans ses souvenirs, Joël réalise de plus en plus qu’il ne peut laisser Clémentine sortir de sa tête.


D’abord une histoire d’amour

Pour le scénariste Charlie Kaufman, Eternal sunshine of the spotless mind est une histoire d'amour à plusieurs facettes. "J'ai toujours pour principe d'écrire des choses qui reflètent la vérité, ou tout du moins, ma vérité", explique-t-il. "Or, je ne retrouve rien de celle-ci dans la plupart des films d'amour. Peut-être ont-ils un rapport avce la vie des gens qui les font, mais ils n'en ont certainement pas avec la mienne. Ici, l'histoire d'amour est présentée dans toutes ses dimensions, plaisantes ou déplaisantes, et je me garde bien d'en tirer une quelconque morale."

Pour le producteur Anthony Bregman, le film est l'histoire d'amour dont il rêvait depuis longtemps. "Racontée à la perfection, avec tendresse et émotion", déclare-t-il, "elle débute à ce stade critique où un homme et une femme ne peuvent plus se supporter l'un l'autre, puis elle remonte à la source de leur amour, au premier regard, au premier élan... et repart en sens inverse, permettant ainsi à Joel et Clementine de revivre leur idylle avec, désormais, la claire conscience de ce qui les menace. C'est la première fois que je trouvais cela dans un scénario."

Origine du titre

Le titre du film est tiré du poème Eloisa to Abelard d'Alexander Pope, cité dans le film :
How happy is the blameless Vestal's lot!
The world forgetting, by the world forgot;
Eternal sunshine of the spotless mind!
Each pray'r accepted, and each wish resign'd.

Oublier

Le scénario d’Eternal Sunshine of the Spotless Mind a tout d’abord germé dans la tête de l’artiste contemporain Pierre Bismuth, ami de Gondry. Logique alors que son point de départ semble aussi conceptuel, presque sorti des travaux autobiographiques de Sophie Calle. Comment oublier l’être aimé après une rupture douloureuse si ce n’est en l’effaçant corps et âme de son cerveau? Sommes-nous irrémédiablement attirés par la même personnalité? Peut-il exister un "après" commun? Autant de questions essentielles sur la vie d'un couple posées sans l’air d’y toucher par Michel Gondry et le scénariste Charlie Kaufman qui prennent bien soin de n'apporter aucune réponse définitive. En émiettant les souvenirs d’une simple histoire d’amour en petits épisodes tragi-comiques pris sur le vif, Gondry établit une Carte du Tendre insolite et touchante. Le couple selon Eternal Sunshine of the Spotless Mind est le lieu d’un perpétuel bouillonnement, une forme de guerre civile passionnelle qui fait s'entrechoquer moments de pure poésie (les scènes sur le lac glacé) et disputes stériles. Rien ne semble pire que la vie à deux… sauf bien sûr le célibat. L’effacement au sens propre comme au sens figuré de Clémentine dans l’esprit de Joël sert évidemment de prétexte. La réussite du film se situe dans le subtil équilibre entre le non-sens scientifique parfaitement assumé et le réalisme de la relation sentimentale.

L'évolution de Jim Carrey

Pour le comédien Jim Carrey, habitué au registre comique, Eternal sunshine of the spotless mind est l'occasion de poursuivre dans une veine plus dramatique entamée avec The Truman Show et poursuivie avec Man on the Moon et The Majestic. Du film de Michel Gondry, il dit qu'"il est l'un de ces rares qui vous font apprécier vos malheurs passés. Je n'aurais pu jouer ce rôle si je ne l'avais vécu pour de vrai."

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