Jeudi 29 septembre 2011Mr Nobody

Jaco van Dormael

Genre : Drame
Durée : 137 min
Sortie : 2010

Distribution

Jared Leto, Diane Kruger, Sarah Polley, Linh Dan Pham, Rhys Ifans, Natasha Little, Noa Decostanzo, Toby Regbo, Juno Temple, Clare Stone, Audrey Giacomini, Daniel Mays

Résumé

Un enfant sur le quai d'une gare. Le train va partir. Doit-il monter avec sa mère ou rester avec son père ? Une multitude de vies possibles découlent de ce choix. Tant qu'il n'a pas choisi, tout reste possible. Toutes les vies méritent d'être vécues.

Une absence de 13 ans

Nous n'avions pas vu Jaco van Dormael à l'oeuvre depuis Le Huitième jour sorti sur les écrans en 1996. Le réalisateur s'est entre temps consacré à l'enseignement et l'écriture de ce nouveau film. Jaco van Dormael : "Au final, le scénario m'a pris sept ans, tous les jours, de 10h à 15h30, heure à laquelle finissait l'école de mes enfants."

Commentaire

On retrouvait déjà dans le 8ème jour la patte du réalisateur : un goût pour les couleurs vives, l’inventivité de chaque plan, l’utilisation régulière des ralentis et des airs d’opéra. Le style d’un amoureux de cinéma, d’images et de lyrisme, qui n’évite pas toujours la surenchère. Mr Nobody s’inscrit dans cet univers tout en empruntant à d’autres grands maîtres du genre. On pense évidemment à Gondry pour ce gout du bricolage permanent, mais aussi à Jeunet dont le ton poético-ironique semble habiter certaines scènes.

Qu’a donc bien voulu nous raconter Jaco Van Dormael ? La question n’est pas tranchée. La mécanique du film est centrée sur le personnage de Jared Leto : il incarne le dernier humain mortel dans une société futuriste où la médecine empêche le vieillissement. Sur le point de rendre l’âme, il va se remémorer sa, et surtout SES vies passées. Mr Nobody est construit sur ce flash back, traduit par un habile montage de scénettes illustrant les différentes étapes de son existence. Sa mémoire, à géométrie variable, est libérée de toute contrainte de cohérence. Le film s’appuie sur les moments clefs où un choix peut entrainer un tournant irréversible (un petit garçon qui doit décider de vivre avec son père ou sa mère). Mais au lieu de choisir, Mr Nobody nous offre une vision simultanée des conséquences de chaque alternative.

La narration est déstructurée, éclatée, entre les âges, les époques, les femmes, les amours et les vies possibles du héros. Les dernières minutes sont très réussies et apportent des clefs pour mieux appréhender le reste du film, ses questionnements sur le temps, le destin, et les « effets papillon ».

Mr Nobody est un film passionnant et passionné. Comme dans Big Fish de Burton, le spectateur doit progressivement renoncer à savoir LA vérité, et accepter ces histoires parallèles souvent contradictoires. On se retrouve cependant un peu perdu, noyé par la multiplication des situations et des personnages.

Représentation de différentes vies

Jaco revient sur la genèse du film et explique comment son idée de départ a évoluée : "J'ai pris comme point de départ un court métrage de douze minutes que j'avais réalisé en 1982 : E pericoloso sporgersi. Un gamin court derrière un train avec deux choix possibles : partir avec sa mère ou avec son père. A partir de là, on suit les deux avenirs possibles. J'ai entamé une première version basée sur le fait qu'une femme prenne ou ne prenne pas un train. Et puis Pile et face de Peter Howitt est sorti, suivi de Lola rennt de Tom Tykwer. J'ai dû chercher autre chose. Et c'est là que je me suis rendu compte que je ne cherchais pas à raconter quelque chose de binaire mais que j'étais avant tout intéressé par la multiplicité et la complexité des choix. Quand on doit faire un choix, il n'y a jamais seulement deux options possibles mais une infinité qui découlent des deux premières. C'est une arborescence. Avec ce scénario, j'avais envie de faire sentir ce gouffre né de l'infinité des possibilités."

Le directeur de la photographie Christophe Beaucarne compte plus de 30 films à son actif passant de films comme Les Anges gardiens jusqu'à Peindre ou faire l'amour. Pour les besoins de Mr. Nobody , lui et Jaco van Dormael ont beaucoup travaillé sur les images afin de rendre des styles visuels varié et ainsi offrir une perception différentes du personnage principal et ses différentes vies : "J'ai voulu donner à chaque vie de Mr. Nobody une grammaire différente," explique le réalisateur. "Et utiliser la caméra de manière spécifique pour que dès le premier plan d'une scène, on sache dans quelle vie on est. La vie avec Anna (Diane Kruger) est filmée comme l'adolescence : je reprenais avec Nemo et Anna adultes les mises en place que j'avais faites avec les adolescents, pour que les deux charges amoureuses fusionnent à l'écran. La vie avec élise (Sarah Polley) joue sur la distance entre elle et Nemo, avec un des deux personnages flous, et une caméra à l'épaule, réaliste. La vie avec Jeanne (Linh-Dan Pham) joue sur le hors champ. Les pieds entrent dans l'image avant le visage. L'essentiel est toujours hors du cadre, comme si on n'y prêtait pas attention. La vie de l'adolescent dans le coma est entièrement floue. La vie du veuf est faite de mouvements de caméra indépendants, contemplatifs, sans rapport avec les mouvements du personnage. La vie de "celui-qui-n'est-jamais-né" est en aplat, irréelle, tout y est net."

Caméo

A la manière d'Hitchcock, Jaco van Dormael apparaît dans son propre film, jouant le brésilien qui se fait un oeuf sur le plat.

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Gabrielle
Vendredi 26 août
AFAIC that's the best asnewr so far!
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Vendredi 26 août
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