Jeudi 17 mars 2011Brazil

Terry Gilliam

Genre : dystopie
Durée : 131 min
Sortie : 1985

Distribution

Jonathan Pryce, Robert De Niro, Kim Greist, Katherine Helmond, Ian Richardson, Michael Palin, Bob Hoskins, Ian Holm, Peter Vaughan, Jim Broadbent, Derrick O'Connor


Résumé

Sam Lowry, fonctionnaire modèle d'une mégapole étrange, à la fois d'hier, beaucoup d'aujourd'hui et tout à fait de demain, a des problèmes avec sa maman et avec l'Etat, tout puissant. Pour couronner le tout, des songes bizarres l'entraînent chaque nuit sur les ailes d'Icare, à la recherche d'une jeune femme blonde, évanescente, inaccessible. Chaque fois qu'il est sur le point de l'atteindre, leurs trajectoires se séparent et le songe s'interrompt cruellement. Pourtant une nuit, la belle Jill Layton entre dans sa vie... Par le biais d'une erreur dans la machinerie fantastique qui préside à l'organisation de la vie quotidienne des citoyens de cette ville étrange, l'Ordinateur suprême a désigné le brave Buttle à la place de l'escroc Tuttle, activement recherché. Après le décès fâcheux du pauvre Buttle, Saw Lowry, jusque là employé rampant, est promu au Service des Recherches, très brigué... pour dédommager la veuve du défunt. La belle Jill habite au dessus de l'infortunée famille... En fait de recherches, Sam va passer son temps à retrouver la femme de ses rêves. Sa maman, elle, a des soucis beaucoup plus terre-à-terre. Elle surveille fébrilement les résultats des multiples interventions de chirurgie plastique réalisées par une sorte de Grand-Maître d'une secte étrange dans cet univers incroyable. Et son cher garçon suit attentivement les évolutions du visage et du corps de sa mère, ainsi que celles, nettement plus catastrophiques, de sa tante, soumise aux mêmes supplices vécus avec délice, comme une règle de vie impérative là-bas : rester jeune. Tout cela dans un univers de tuyaux, de pompes géantes, une sorte de ville-poumon gigantesque d'où Sam sortira finalement vainqueur de toutes les embûches pour retrouver sa belle. Mais à quel prix...

Le tournage

Le monde divergeant de Sam Lowry proposait à l'équipe de Terry Gilliam une croisière cinématographique sans escale, qui débutait en novembre 1983. Avec un modeste budget de quinze millions de dollars et seulement douze courtes semaines de pré-production, la recherche de solutions innovatrices de même qu'une économie de ressources humaines et matérielles devenaient les ingrédients de base pour mener à terme le projet.

L'homme volant : Parmi les séquences d'effets spéciaux désirées par le réalisateur, il y avait celle du rêveur Lowry volant librement dans un ciel nuageux, tentant de rejoindre la figure idyllique qui représente la femme de ses rêves. Hormis les gros plans du personnage, cette séquence a été entièrement réalisée par l'équipe des modèles réduits. C'est dans les studios Lee International Soundstages que le décor, mesurant quatre-vingts pieds de long par quarante pieds de largeur, a été construit par l'équipe de Richard Conway. Comme avec la plupart des modèles miniatures, l'homme volant devait être filmé à une vitesse cinq fois supérieure à la normale, afin de conférer grâce et fluidité à ses mouvements lorsque projeté à la vitesse normale de vingt-quatre images à la seconde. La plupart des caméras possédaient à cette époque une vitesse normale de soixante-deux images à la seconde, mais celle utilisée par l'équipe de Conway était une version modifiée de la Mitchell, qu'ils ont pu faire tourner à la vitesse requise de cent vingt images à la seconde.

Les monolithes : L'un des défis majeurs était de réaliser la scène dite « des monolithes », alors que d'immenses colonnes de briques surgissent du sol en soulevant la terre, bloquant la route à l'homme volant. « Quelqu'un a dit que les rêves sont sexuels, commente Gilliam. Lorsque les monolithes sortent de terre, ce sont d'immenses érections qui lui bloquent la vue. » Gibbs ajoute: « Puisque Terry voulait avoir des plans en plongée et en contre-plongée impliquant des panoramiques verticaux, une maquette du paysage, faisant vingt-cinq pieds de largeur par soixante pieds de longueur, a dû être construite. La maquette était installée sur une plate-forme, à environ dix pieds dans les airs, afin de nous permettre de pousser les monolithes vers le haut grâce à un système de pression hydraulique. Après chacune des prises, tout le décor de surface, c'est-à-dire le gazon et les arbres, devait être entièrement reconstruit. »

La poursuite en camion : Cette fameuse séquence « mobile » de Brazil, qui n'est pas sans rappeler celles de Duel ou des Aventuriers de l'arche perdue de Steven Spielberg, est une combinaison de modèles réduits et d'un tournage à l'échelle humaine en banlieue de Paris. « Puisqu'au départ nous n'avions pas encore le camion, précise Gilliam, nous avons filmé seulement les points de vue subjectifs des personnages. Nous avons tout simplement posé un faux capot sur l'avant d'une voiture, puis fixé la caméra sur le toit, l'objectif pointant vers le bas. Plus tard, nous avons pu tourner les plans d'une vraie poursuite entre véhicules, alternant avec ceux des modèles réduits pour obtenir l'effet voulu. »

Les amants surpris au lit par la milice: Cette séquence, l'une des seules qui s'inspirent du 1984 de Michael Radford, offre dans Brazil une curieuse surprise : un plan en totale plongée présentant un voile se refermant tel un diaphragme, enveloppant le couple enlacé, étendu sur un lit. « Les formes courbes, rondes, sont féminines, les échappées dures sont masculines, explique Gilliam. Tout ce qui impliquait la bureaucratie avait des formes dures, agressives, masculines. Les autres étaient plus douces, plus féminines ; ainsi l'escalier qui mène chez la mère (Katherine Helmond) est une spirale, un cocon. Dans la scène de la chambre à coucher, la rondeur du canapé, l'érotisme des formes, c'était prévu, mais pas le plan en plongée dans le cylindre formé par le rideau, que j'aime beaucoup. Nous avions deux manières de tourner cette scène, soit en les montrant sautant partout sur le lit en baisant comme des malades, soit en faisant comme dans les films d'antan, avec une fermeture à l'iris ou avec un mouvement d'appareil qui va cadrer autre chose. » L'effet a été remarqué par l'un des cameramen alors qu'il préparait le plan en plongée de Sam et Jill. Vu du haut, le voile formait un cercle parfait, et Gilliam a découvert qu'en le tournant sur lui-même, il formait une série de cercles concentriques rappelant ceux d'un iris, en même temps qu'il offrait une allusion érotique cohérente avec la logique du réalisateur.

La chambre d'extermination : Gilliam avait des idées très spécifiques sur ce que devait avoir l'air la chambre, mais c'est en jetant fortuitement un coup d'œil à l'intérieur d'une tour de refroidissement de la Croydon Power Station, autour de laquelle l'équipe tournait depuis quelques jours, que Gilliam a remis ses idées en question : « J'avais toujours voulu que les édifices du Ministère de l'Information soient réguliers et anguleux, avec des formes très découpées, sans aucune courbe. Mais quand j'ai vu l'intérieur de la tour, j'ai dû y renoncer. Le lieu était si étonnant qu'on ne pouvait tout simplement pas passer à côté. »

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