Jeudi 10 février 2011Les Infiltrés

Martin Scorsese

Genre : policier
Durée : 150 min
Sortie : 2006

Distribution

Leonardo DiCaprio, Matt Damon, Jack Nicholson, Mark Wahlberg, Martin Sheen, Ray Winstone, Vera Farmiga, Anthony Anderson, Alec Baldwin, Kevin Corrigan, James Badge Dale, David Patrick O'Hara

Résumé

A Boston, une lutte sans merci oppose la police à la pègre irlandaise. Pour mettre fin au règne du parrain Frank Costello, la police infiltre son gang avec "un bleu" issu des bas quartiers, Billy Costigan. Tandis que Billy s'efforce de gagner la confiance du malfrat vieillissant, Colin Sullivan entre dans la police au sein de l'Unité des Enquêtes Spéciales, chargée d'éliminer Costello. Mais Colin fonctionne en "sous-marin" et informe Costello des opérations qui se trament contre lui. Risquant à tout moment d'être démasqués, Billy et Colin sont contraints de mener une double vie qui leur fait perdre leurs repères et leur identité. Traquenards et contre-offensives s'enchaînent jusqu'au jour où chaque camp réalise qu'il héberge une taupe. Une course contre la montre s'engage entre les deux hommes avec un seul objectif : découvrir l'identité de l'autre sous peine d'y laisser sa peau...

Remake

Les Infiltrés est l'adaptation hollywoodienne du long métrage hongkongais Infernal affairs d'Andrew Lau. Dans l'oeuvre originale, l'action se déroule à Hong-Kong, Tony Leung Chiu Wai jouant un policier infiltré dans les triades, alors qu'Andy Lau interprète un truand devenu policier. Martin Scorsese a transposé l'action de ce thriller dans la mafia irlandaise de Boston, Leonardo DiCaprio reprenant le rôle de Tony Leung Chiu Wai et Matt Damon celui d'Andy Lau.

Le réalisateur Martin Scorsese évoque Infernal affairs, dont est inspiré Les Infiltrés : "Infernal affairs est un très bon exemple de ce que j'aime dans le cinéma de Hong-Kong. Les Infiltrés n'est pas, pour autant, un remake de ce film. Il s'inspire de l'intrigue originale, mais l'univers qu'a imaginé William Monahan est très différent. J'ai mis un certain temps à lire ce script, parce que j'ai tout de suite commencé à visualiser l'action, à m'imprégner de l'histoire et des protagonistes. J'ai été frappé, notamment, par l'approche des personnages et de leur vision du monde. Ce traitement sans compromis m'a séduit et donné envie de réaliser le film."

Le scénariste William Monahan évoque le travail d'adaptation qu'il a effectué à partir du long métrage hongkongais Infernal affairs : "Je n'ai pas souhaité voir Infernal affairs avant de transposer cette histoire, et c'est à partir d'une traduction du scénario chinois que j'ai travaillé. Sa ligne directrice, d'une grande ingéniosité, m'a permis de créer de nouveaux personnages. J'aimais beaucoup la duplicité des deux protagonistes originaux, mais mon scénario met d'abord l'accent sur les drames qui adviennent lorsqu'un homme s'écarte de la route que lui trace la vie."

Les Infiltrés nous offre une galerie de personnages complexes qui à un moment ou un autre, sont amenés à mentir pour faire tomber l’autre. Sans exception, tous les protagonistes rendent ici la nature humaine comme étant manipulatrice, pervertie, tout simplement amorale. La force d’un tel film (comme c’était le cas pour Les Affranchis) est de ne pas se préoccuper de faire l’état des lieux de la société américaine, ni même de porter un jugement sur les institutions que sont la police et la mafia. Les personnages existent juste pour nourrir une fiction, et en cela on peut dire des Infiltrés que c’est un film sobre, car dépourvu d’intentions autre que spectaculaires.

Revenir aux fondamentaux, à l’essence même de la nature humaine, haineuse et traître, tel semble être le dessein élaboré par Scorsese à travers ce film qui respire la sueur et le sang scènes après scènes. On retrouve dans Les Infiltrés cette même énergie destructrice qui faisait la force des films noirs de Scorsese dans les années 70. On retrouve surtout cette violence dans la mise en scène du film, libérée du poids trop lourd de la reconstitution historique ( Gangs of New York et Aviator). Le cinéaste retrouve ses jambes de vingt ans, faisant déborder l’énergie de ses personnages sur le rythme de son métrage. Il s’amuse par moment à reproduire quelques tics formels du cinéma de Hong-Kong, comme par exemple ces brefs et violents panoramiques et travellings épousants les courbes des personnages.

Des grands noms

Leonardo DiCaprio, qui travaille pour la troisième fois avec Martin Scorsese, note : "Les Infiltrés ne ressemble à aucun des "films de gangsters" de Martin. Son contexte est totalement distinct, au moins pour trois raisons : parce qu'il y est question de la pègre irlandaise, de la police et de la corruption, et parce que Boston constitue un tout autre environnement que New York. Cette histoire parle finalement de l'Amérique et de la corruption de certains systèmes à l'échelle d'une nation."

Aussi étonnant que cela puisse paraître, Jack Nicholson, l'une des vedettes des Infiltrés, n'avait jamais joué sous la direction de Martin Scorsese auparavant. Le cinéaste raconte : "Nous nous connaissons depuis plus de trente ans. Cela ne s'était encore jamais traduit au cinéma, et j'étais curieux de savoir si Jack serait tenté par ce rôle. Mon attente a été récompensée : nous nous sommes vraiment éclatés sur ce film." Le producteur Graham King pousruit : "La première fois que Martin a mentionné Jack pour ce rôle, j'ai cru que nous délirions tous les deux, mais le rêve est devenu réalité, et Jack a hissé ce personnage à un niveau dont lui seul a le secret. Le film regorge de ses touches caractéristiques, qui sont tout bonnement formidables."

Les Infiltrés bénéficie de la présence du comédien Brad Pitt à la production, via sa compagnie Plan B, fondée avec sa compagne Jennifer Aniston. Un Brad Pitt qui devait, à l'origine du projet, incarner le personnage de Collin Sullivan, finalement dévolu à Matt Damon.

A l'origine, Martin Scorsese voulait confier le rôle féminin principal des Infiltrés à une actrice de renom. Kate Winslet et Hilary Swank furent ainsi pressenties. Mais au fur et à mesure de la production, le cinéaste décida plutôt de se tourner vers une actrice moins connue : c'est Vera Farmiga, vue notamment aux génériques de 15 minutes et Un crime dans la tête, qui fut choisie.

Les Infiltrés a pu bénéficier du soutien quotidien de Tom Duffy, conseiller technique sur toute la préparation du film. Il se révéla, à l'occasion de son premier tournage, une irremplaçable mine d'informations. De son côté, Duffy put apprécier la minutie de Martin Scorsese. Il raconte au sujet du cinéaste : "Son exigence de vérité, son souci du détail juste m'ont impressionné. Nous avons fait ensemble un gros effort pour que tout soit authentique, tant en ce qui concerne les procédures et opérations policières que la psychologie des agents. Je trouve le film étonnamment réaliste."

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