Jeudi 2 décembre 2010The Deer Hunter

Michael Cimino

Genre : guerre
Durée : 182 min
Sortie : 1979

Distribution

Robert De Niro, John Cazale, John Savage, Meryl Streep, Christopher Walken, George Dzundza, Chuck Aspegren, Shirley Stoler, Ruytanya Alda, Pierre Segui, Richard Kuss, Mady Kaplan, Amy Wright

Synopsis

Cinq ouvriers sidérurgistes affrontent les hauts fourneaux d'une petite ville de Pennsylvannie et partent ensemble chasser le cerf. Parce que c'est la guerre au Vietnam, trois d'entre eux deviennent soldats sur le départ. Deux ans plus tard, la guerre sévit toujours et ces derniers se retrouvent prisonniers dans un camp vietcong...

Lieux de tournage

Le tournage se déroula dans les petites villes de Mingo Junetion, en Ohio, de Duquesne et de Clairton, en Pennsylvanie. L'église, où se déroule la cérémonie de mariage, est la cathédrale russe orthodoxe de Cleveland, en Ohio. Pour les scènes censées se dérouler à Saïgon, les prises de vue eurent lieu à Bangkok.

L'équipe de production resta bloquée au centre-est de la Thaïlande à cause d'une importante mousson. Autre rebondissement : tandis que la production travaillait sur la rivière Kwaï, à proximité de la frontière birmane, un coup d'état militaire se produisit dans le pays. Le producteur John Peverall obtint du nouveau pouvoir en place la confirmation que son équipe ne serait pas mise en danger. En Asie du sud-est, le tournage du film se déroula dans des conditions éprouvantes : douze heures par jour, six jours par semaine. La chaleur et l'humidité n'arrangèrent pas les choses. Autre problème : le dépassement du temps de tournage de sept semaines. Le budget du film passa alors de sept millions de dollars à douze millions.

Commentaire

Ce film, généralement considéré comme un des plus marquants sur la guerre du Viêt Nam, s'intéresse moins aux scènes de guerre qu'à la psychologie des personnages et aux séquelles dévastatrices des traumatismes subis. Ce deuxième film de Cimino est également le seul de sa maigre filmographie qui ait été reconnu dès sa sortie comme une incontestable réussite. Certains commentateurs y ont vu un « immense chef d'œuvre » qui adopte l'angle de vue original d'une classe ouvrière américaine rarement filmée. Ce serait selon eux le seul film qui parvient à faire comprendre ce qu'a pu être la guerre du Viêt Nam sans l'expliquer de manière directe


Analyse de la première scène

Le film de Michael Cimino commence sous le regard à la fois discret et curieux de la caméra situé sous un pont, lieu de passage qui prélude à l'incursion de cet œil dans les entrailles d'un site sidérurgiste ou travaillent les ouvriers qui seront les héros du film, mais qui, dans cette scène, font œuvre de simples figures anonymes par le rapport fonctionnel qu'ils entretiennent à leur travail et par leur apparente égalité dans les taches et actions stéréotypés qu'ils ont à charge de mener. La scène est passionante, reliée au reste du long métrage dans la mesure où elle invite le spectacle à un regard indifférent sur une réalité banale, quotidienne, qui est pourtant une mise en souffrance très visible des personnages. En effet, ceux-ci travaillent dans un environnement éprouvant ; ils sont en contact avec une grande chaleur, celle du métal en fusion. Autrement dit, par leur métier, ils cotoient quotidiennement la douleur (celle de la fatigue) et le danger, ce qui les place d'emblée comme personnages potentiellement aptes à faire la guerre. C'est le signe d'une Amérique qui, dans ses structures et son mode de fonctionnement quotidien, contraignent les corps à la souffrance sans que les individus soumis à cette souffrance aient conscience d'un quelconque mauvais traitement ou d'une injustice. De ce fait, ces figures apparaissent dans un rapport d'interchangeabilité aussi bien dans les bleus de travail que dans les uniformes militaires. Il parait clair que dans toute la première partie du film, qui se déroule aux Etats-Unis, mise sur l'exhibition d'un mode de vie qui recèle de signes de maladie, mais dont les personnes qui y habitent n'ont aucunement conscience. La prise de conscience surviendra de façon brutale et violente au moment ou les personnages feront l'expérience abominable de la guerre. Là, dans cette usine, les personnages apparaissent comme inidentifiables (par leur visage noirs de suies, par le masque qui recouvre leur tête ainsi que leurs équipement, sensiblement le même). Leur caractère et leur individualité sont dilués par les nécessités de leur labeur qui leur impose une communication minimaliste, atrophiée, à l'aide de signes et de cris. On sait que, plus tard, les cris seront les signes d'une douleur physique, mentale et psychologique, alors qu'ici, la douleur est inconsciente et acceptée. Acceptation qui mène à la confusion des enthousiasmes. En effet, Michael et Nick voient d'un œil joyeux l'idée de partir en guerre. A la vision attentive du film, cette atrophie de la relation sociale induite par le milieu détermine déjà le rapport similaire de sociabilité entretenu par les militaires. Alors que ces ouvriers s'avéreront dans les scènes suivantes être des amis, leur condition, leur statut et l'usage que fait d'eux la société transforme leurs rapports humains en relation d'efficacité.

Egalement, il est clair que d'un point de vue plastique, l'apparence des personnages, à savoir la texture et la couleur de leur visage défigurés par du noir, entrera en collision métaphorique lorsque les visages seront soumis à un autre régime de défiguration : celui de la peur de la mort, immanente à la confrontation forcée à la roulette russe. Là, les corps, en contact avec le métal, matière liquide destructrice de toute matière, sont artificiellement en sécurité, sécurité d'ordre sociale puisque cette lave constitue le ferment, la matière même de leur existence sociale. Ils ont un travail. Là ou encore, cela entre dans un système d'écho contradictoire avec l'après, c'est le fait que l'environnement du conflit, dans lequel s'actualisera véritablement la destruction humaine, sera fait principalement d'eau, habituellement et dans sa valeur objective source de vie. Autrement dit, l'inconscience des personnages par rapport au danger ressenti répond à une logique inversée, à un croisement fonctionnel et symbolique des matières ou le métal en fusion devient viatique tandis que l'eau prend le rôle du fluide entrainant la dissolution des corps.

Ajouter un commentaireCommentaires

Clarrinse
Jeudi 2 août
Bon sang, au de9but de la vide9o je n'ai pas bien compris: j'ai cru qu'ils e9taient tous ghtoique et qu'en plus (comble de l'horreur) certains fumaient )Tre8s belle action en tout cas, toute en dignite9.Il y a malheureusement peu de chance que cela chan
jomstdtuas
Vendredi 3 août
eQmu4S <a href="http://xyeeurzcxuyc.com/">xyeeurzcxuyc</a>
yzzmygyjjk
Samedi 4 août
HbyAJb , [url=http://xqulasygandz.com/]xqulasygandz[/url], [link=http://rcgfttrefdla.com/]rcgfttrefdla[/link], http://fawcttqnqujw.com/
ahxujflnvpq
Samedi 4 août
ue7B0V <a href="http://pfphbcptsmvo.com/">pfphbcptsmvo</a>
uzydynboovo
Lundi 6 août
w3s7qV , [url=http://gxxbmfcflvfl.com/]gxxbmfcflvfl[/url], [link=http://zqtbepydvevu.com/]zqtbepydvevu[/link], http://cozlpnqggqmk.com/

Ajouter un commentaire