Jeudi 14 octobre 2010Persepolis

Vincent Paronnaud et Marjane Satrapi

Genre : animation
Durée : 95 min
Sortie : 2007


Distribution (voix originales)

Chiara Mastroianni : Marjane adulte et adolescente, Catherine Deneuve : Mère de Marjane, Danielle Darrieux : Grand-mère de Marjane, Simon Abkarian : Père de Marjane, Gabrielle Lopes Benites : Marjane enfant, François Jerosme : Anouche son oncle, Tilly Mandelbrot : Lali

Synopsis

Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah. Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire. Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère. Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'envoyer en Autriche pour la protéger. A Vienne, Marjane vit à quatorze ans sa deuxième révolution : l'adolescence, la liberté, les vertiges de l'amour mais aussi l'exil, la solitude et la différence.

Révolution iranienne

La Révolution iranienne est la révolution de 1979 qui a transformé l'Iran en république islamique, renversant l'État impérial d'Iran de la dynastie Pahlavi. La destitution du Shah provoque une grande jubilation en Iran, mais de nombreux désaccords quant au futur du pays apparaissent. Khomeyni est la figure politique la plus populaire, mais il existe des dizaines de groupes révolutionnaires, chacun ayant sa propre vision de l'avenir de l'Iran, des factions libérales, marxistes, anarchistes et laïques, et également une bonne variété de groupes religieux cherchant à modeler le futur de l'Iran. Les relations étrangères, économiques et militaires de la nation sont perturbées. Les premières années voient le développement d'un gouvernement bipôlaire. Mehdi Bazargan devient premier ministre, et le mouvement pour la liberté travaille à établir un gouvernement libéral laïc. Les religieux menés par Khomeiny forment un pôle séparé du pouvoir, le parti républicain islamique. Les groupes essaient de coopérer, mais les tensions grandissent entre les deux factions. Les théologiens sont les premiers à rétablir l'ordre dans le pays : les cellules révolutionnaires deviennent les comités locaux. Connus sous le nom de Gardiens de la Révolution à partir de mai 1979, ces groupes prennent vite le pouvoir dans les gouvernements locaux dans tout l'Iran, et récupèrent ainsi la plupart des pouvoirs locaux. Ils prennent aussi le contrôle des tribunaux qui rendent des jugements sur les anciens responsables des services de sécurité et des militaires du régime du Shah. En juin, le mouvement pour la liberté publie son projet de constitution, qui déclare l'Iran République Islamique, mais sans donner aucun rôle aux Oulémas ni à la loi Islamique. La constitution est soumise au vote de la législature nouvellement élue pour approbation, législature dominée par les alliés de Khomeiny. La chambre rejette la constitution, en accord avec Khomeiny : le nouveau gouvernement doit être « entièrement » basé sur l'Islam. Une nouvelle constitution est rédigée ; elle crée le puissant poste de Guide Suprême, chargé de contrôler l'armée et les services de sécurité, et pouvant mettre son veto à la candidature des prétendants au poste de président de la république. Un président de la république est élu tous les 4 ans au suffrage universel, mais seuls les candidats dont la candidature a été approuvée par le Conseil des gardiens de la constitution ont le droit de se présenter aux élections. Khomeiny lui-même devient « Guide de la Révolution ». Se sentant sans pouvoirs et en désaccord avec la direction que prend le pays, Bazargan démissionne de son poste de premier ministre en novembre 79.

Réalisme et universalité

Pour Marjane Satrapi, il a tout de suite été question de faire un film d'animation. Pour la réalisatrice, un film en images réelles aurait fait perdre l'universalité de l'histoire. "Avec les images réelles, ça devient tout de suite l'histoire de gens qui vivent loin, dans un pays étranger, qui ne sont pas comme nous. C'est au mieux une histoire exotique, et au pire une histoire de " tiers-mondiste " ! Si les albums ont aussi bien marché partout, c'est que l'abstraction du dessin - qui plus est, du dessin en noir et blanc - a permis à chacun de s'identifier totalement. Que ce soit en Chine, en Israël, au Chili, en Corée... Cette histoire est universelle. Il ne faut pas oublier non plus qu'il y a aussi dans “Persépolis” des moments oniriques, et qu'on n'allait pas faire tout à coup un film de science-fiction ! Le dessin nous permet de garder une cohérence, une unité. Le noir et blanc – j'ai toujours peur du côté vulgaire que peut avoir la couleur – participe à cela également. "
Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud souhaitaient que les dessins de Persepolis soient absolument réalistes. Les réalisateurs ont donc travaillé sur un style visuel particulier le "réalisme stylisé". Pour se faire, ceux-ci se sont inspirés du néoréalisme italien et de l'expressionnisme allemand, mais également de films contemporains comme Les Affranchis dont la réalisatrice souligne "l'énergie du montage et l'utilisation de la voix off".

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kamran
Lundi 6 juin
j'ai trop aimer ce film dialogue de marjane un vrai c'est d'oeuvre de Chiara Mastroianni j'espere que vous continuez a faire des film de ce genre trop cool
dandelion
Jeudi 20 décembre
Je vous remercie beaucoup pour le contexte historique bien résumé qui m'a permis de comprendre pas mal de choses. En tout cas c'est un très beau film tiré d'une très belle BD, il ne faut pas l'oublier.

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