Mercredi 3 février 2010Crash

Paul Haggis

Genre : drame
Durée : 112 min
Sortie : 2005

Distribution

Sandra Bullock, Don Cheadle, Matt Dillon, Jennifer Esposito, William Fichtner, Brendan Fraser, Terrence Howard, Ludacris, Thandie Newton, Ryan Phillippe, Larenz Tate, Tony Danza

Résumé

Deux voleurs de voitures. Un serrurier mexicain. Deux inspecteurs de police qui sont aussi amants. Une femme au foyer et son mari, district attorney. Tous vivent à Los Angeles. Eux et beaucoup d’autres ne se connaissent pas, leurs vies n’auraient jamais dû se croiser. Pourtant, dans les prochaines 36 heures, leurs destins vont se rencontrer, révélant ce que chacun voulait cacher ou ne pas voir...

Analyse

Los Angeles de nos jours. En 36 heures, des personnes que rien n’unit se croisent. Un couple bourgeois se fait voler sa voiture par deux blacks, un policier afro-américain couche avec sa coéquipière latino, un serrurier mexicain répare la porte branlante d’un épicier perse, un couple noir est malmené par un policier blanc...
S’il n’est pas facile de résumer « Collision », c’est peut-être parce que le film repose plus sur le message qu’il véhicule que sur les histoires qu’il décrit. En quelques heures, des personnes aux destins opposés se rencontrent au fil des événements. Si les rencontres sont éphémères, ces gens sont tous liés par un thème : le racisme.
Le scénariste de « Million Dollar Baby » met les pieds dans le plat et frappe là où ça fait mal. Si les États-Unis revendiquent leur melting-pot, ils ont oublié les tensions et les préjugés que ces communautés génèrent. Au-delà des personnages "cliché" se cachent des vérités troublantes et parfaitement réalistes. La scène d’ouverture donne le ton. Deux Blacks sont dans un quartier friqué et bourgeois. Ils croisent un couple de blancs. La femme détourne son regard et change de trottoir. Les Blacks évoquent tout de suite les préjugés des femmes blanches qui ont peur des afro-américains. Oui mais voilà. La seconde qui suit, ils braquent le couple et volent leur voiture. Les deux communautés se retrouvent prises au piège de leurs préjugés. Chacun avait raison par rapport à la réaction de l’autre et se conforte dans ses pensées. « Collision » est rempli d’anecdotes sur ce modèle. Paul Haggis réussit à ne prendre le parti de personne. Tous ont, à un moment, tort, et à un autre, raison.
Tourné en seulement 35 jours, « Collision » est rempli de rôles à contre emploi, dont ceux de Sandra Bullock et Brendan Fraser. Quant à Matt Dillon, son personnage est le plus ambigu. Il n’hésite pas à humilier une femme et son mari par excès de zèle mais met sa vie en danger pour sauver cette même femme. Il peut être aussi antipathique que sympathique. Les acteurs portent « Collision » en jouant avec leurs tripes et leur conviction : démontrer que le racisme n’est qu’une peur de l’autre, qu’on ne peut apprendre à connaître qu’en allant au delà des préjugés.
Paul Haggis démontre habilement que nos conduites sont quelques fois dictées par notre classe sociale, notre couleur de peau ou nos craintes. Aucune communauté n’échappe au jugement impartial de Haggis, si ce n’est la communauté arabe, à peine évoquée par les épiciers perses.
« Collision » fait froid dans le dos. Il est à mi-chemin entre l’espoir et une réalité bien triste. Il met en lumière l’état de la société américaine, perdue entre l’intégration et le communautarisme, coincée entre ses institutions figées et ses besoins au cas par cas.

Pas de censure

Pour Paul Haggis, Collision "parle de l'intolérance et de la compassion, de la manière dont nous détestons tous être jugés sans jamais refuser de juger les autres, ce qui est totalement contradictoire." Sachant qu'il serait de toute façon très difficile d'obtenir le financement d'un film sur les questions de race et de classe sociale, le scénariste Bobby Moresco et lui ont décidé de ne pas se censurer. "Nous nous sommes dit : " On écrit comme on le pense et au diable le reste, parce que personne ne voudra jamais faire ce film !, explique Bobby Moresco. Beaucoup de gens nous ont fait d'excellentes suggestions, et nous avons simplement creusé pour découvrir la vérité."

Commentaire

Gros succès critique et public aux Etats-Unis, c’est l’exemple parfait de l’idée que se font la plupart des Américains du cinéma d’auteur : un sujet à thèse (ici, les tensions raciales à Los Angeles), une batterie d’acteurs plus ou moins connus dans des rôles à contre-emploi, un scénario alambiqué brassant plusieurs personnages... Et voilà : mélangez le tout, sortez le film dans une période creuse (le printemps, aux États-Unis) et vous obtenez de quoi ravir les professionnels, les critiques et, avec un peu de chance, le public. Le postulat est ambitieux : Collision suit la vie, sur 24 heures, d’une poignée d’habitants de Los Angeles qui, d’une façon ou d’une autre, va être confrontée au racisme. Flic, procureur, voyou, réalisateur à la télévision ou épicier, ils vont tous traverser dans la même journée un événement qui va bouleverser leur vie. Sujet épineux, dont le réalisateur fait son miel dès les premières scènes du film. Chaque comédien se voit affublé d’un rôle aux antipodes de ce qu’il a l’habitude de faire et il y a un réel plaisir à voir, par exemple, Sandra Bullock jouer une détestable bourgeoise engoncée dans sa xénophobie rance. Le message n’est pas nouveau mais, en ces temps de manifestations de haine raciale partout dans le monde, il a le mérite d’être clair : le racisme ordinaire pourrit la société dans toutes ses classes, chacun reste enfermé dans ses préjugés et l’être humain est capable du meilleur comme du pire, parfois dans la même journée. Dans le dossier de presse, Paul Haggis dit avoir fait un film qui se veut être « un conte moral » dans lequel il souhaitait « jouer avec les stéréotypes, avec les idées toutes faites que l’on a sur les étrangers ». Le film insiste donc sur le fait que les gens font parfois de vilaines choses mais qu’il est possible de changer, que l’être humain est plein de contradictions mais qu’il est tout de même possible de vivre ensemble.

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Mariana
Lundi 31 décembre
OrmanCertes, Pierre Creuzet est historiquement de drotie, mais il faut regarder ce qu'il fait aujourd'hui et non ce qu'il a fait ou dit il y a un an. Il y a un an, Marie-Laure Meyer claquait la porte de la mairie en expliquant qu'il n'y a pas moyen de tra
cyznmqjvgs
Mardi 1 janvier
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